Rédaction sur le suicide : un sujet qui fait couler beaucoup d’encre !

Pourquoi veux-tu mourir mon enfant ?

Retour sur cet épisode qui secoue depuis plusieurs semaines le collège Antoine Delafont, de Montmoreau-Saint-Cybard, en Charentes…

Le 22 octobre dernier, les élèves de 3e du collège Antoine Delafont ont dû plancher sur une rédaction pour le moins surprenante : écrire sur leur propre suicide. L’intitulé exact était : « Vous venez d’avoir 18 ans. Vous avez décidé d’en finir avec la vie. Votre décision semble irrévocable. Vous décidez dans un dernier élan de livrer les raisons de votre geste. En dressant votre autoportrait, vous décrivez tout le dégoût que vous avez de vous-même. Votre texte retracera quelques évènements de votre vie à l’origine de ce sentiment ». Ce sujet qui a alerté les familles a, depuis, entraîné une véritable frénésie médiatique suite à l’envoi d’une lettre anonyme de « parents mécontents », adressée à la presse et au directeur académique.La ministre de l’Enseignement Supérieur, Geneviève Fioraso a également réagi et l’enseignant vacataire a été suspendu provisoirement par le rectorat le 10 décembre 2012.

Les parents tournent la page… de la rédaction

Au départ choqués, les parents ont vite revu leur copie. En effet, le lendemain de la suspension du professeur, la FCPE et l’Amicale des Parents d’élèves ont pris sa défense en vantant ses qualités morales. Mercredi, ce sont les équipes enseignantes et de vie scolaire du collège qui ont demandé « son retour immédiat ». Ses collègues, a précisé l’équipe enseignante, avaient d’avance refusé d’assurer son remplacement en classe.

Le prof, réhabilité après son 0 pointé

Le 13 décembre dernier, l’enseignant a expliqué « sa démarche pédagogique » à la direction académique. A l’issue de cet entretien d’évaluation, le recteur de l’académie de Poitiers, Jacques Moret, a finalement autorisé le retour du professeur, qui pourra réintégrer le collège une semaine après avoir été suspendu. En effet, après une enquête administrative, le rectorat a finalement conclu à une « maladresse » et non à une faute grave. « Mais ça ne restera pas anodin parce qu’il faut qu’il prenne conscience (…) que ce n’était pas un sujet qu’il fallait livrer comme ça auprès des élèves », a déclaré Jacques Moret au micro de France 3.

Un sujet de rédaction qui colle à la réalité ?

Que l’on soit pour ou contre cette rédaction, le thème de l’adolescence renvoie bien souvent dans l’inconscient collectif immédiatement aux thèmes noirs, au suicide. C’est là une énième couche d’ironie quand on sait que les ados fragiles ont le plus grand mal à trouver des psychologues scolaires qui manquent cruellement dans les collèges et les lycées de France. Mais dans un pays qui compte, selon l’INSERM, plus de 10 000 suicides (une majorité d’hommes) mais surtout 200 000 tentatives (femmes et jeunes de 15 à 24 ans), on en vient à penser, la dent grinçante, qu’il s’agissait, après tout d’une rédaction sur un thème de société… ou d’un problème de formation des professeurs face à des adolescents.

 

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